Charlie en bref
Le roman est un pacte entre auteur et lecteur. Le premier propose le voyage, le second accepte de se laisser guider. Leur chemin commun peut s’arrêter à tout instant. C’est la prérogative du lecteur. Celle de l’auteur est d’écrire ce qui lui plaît.
Pour lui écrire un mot sympa contact@charliecgia.ch
Charlie C. Gia est auteure de fiction en littérature générale… la plupart du temps.
Fascinée par le nuancier infini des émotions et comportements humains, elle aime titiller les normes sociales et les idées convenues sans s’appesantir, estimant que l’auteur peut repeindre à souhait dans un monde où l’imagination constitue sa seule frontière.
Selon Charlie, les romans sont des compagnons, dont le point de vue sur les étapes pivots de l’existence et les petits riens du quotidien sont à savourer sans retenue. Revêtir le costume d’un personnage permet de se glisser un instant, dans la peau de cet autre, finalement pas si différent de nous.
Elle et son conjoint vivent en Suisse, chez leur chat.
Charlie en onze questions
Dans sa peau d’auteure…
D’où tires-tu ton inspiration ?
Moins je cherche des idées, plus j’en trouve. La plupart du temps, cela découle d’un détail remarqué, d’un mot entendu au hasard, dans la rue, dans un bus, dans un parc, ou encore dans une boutique. J’observe beaucoup. J’ai des carnets où je note ces idées. Certaines deviendront des histoires.
Comment est-ce d’être auteure en Suisse romande ?
Cela peut être difficile, car le grand frère français est très présent, avec ses avantages et ses inconvénients. En Suisse romande, le milieu est accueillant et dynamique.
Des modèles ?
J’admire le travail de nombreuses personnes et me perds volontiers dans leurs écrits. Mais chaque auteur-e a sa plume et il ne sert à rien de chercher à imiter les autres. On ne peut être que nous ; les autres personnalités sont déjà prises, non ? C’était le cas, la dernière fois que j’ai vérifié.
Quelle est ta motivation pour écrire ?
Ma curiosité et mon envie de rencontrer ces personnages qui habitent mon imaginaire. S’évader dans l’écriture, c’est oublier que le monde existe – au moins pour un moment –, un peu comme quand on lit. Et ce, même si on écrit sur des sujets pas toujours drôles.
Un conseil pour celles et ceux qui veulent se lancer ?
Écrire s’apprend. Je ne nie pas les prédispositions naturelles de certain-e-s, mais ça reste 80% de travail, 20% de talent. Chacun son rôle. Entourez-vous de personnes expérimentées du domaine et de ceux connexes (correction, édition, distribution, design graphique, marketing, etc.). Heureusement, ces ressources sont accessibles pour l’auto-édition également. Finalement, surmontez vos craintes en rencontrant d’autres écrivains. Allez les voir, prenez un café, partagez. C’est un milieu chaleureux et bienveillant.
Dans son costume de lectrice…
Quels romans pourrais-tu relire encore et encore ?
Aucun. Il y a tant à lire ! D’ailleurs, l’idée que la limite à l’acquisition de connaissances et de découvertes est ma propre finitude a une saveur réconfortante. Mais, si on me parachutait sur une île déserte avec une brassée d’ouvrages, je choisirais Shantaram, de Gregory David Roberts, La Maladie de Sachs, de Martin Winckler, la saga complète des Cazalet, d’Elizabeth Jane Howard et quelques bandes dessinées. Mais c’est une réponse qui fluctue au travers du temps. Par exemple, j’ai récemment découvert Sophie Tal Men et je vais sans nul doute grignoter un autre de ses romans prochainement.
Dans quelles langues aimes-tu lire ?
J’opte pour la version originale, dans la mesure du possible, soit le français et l’anglais, avec une touche d’allemand parfois.
Un genre de prédilection et un auteur ou une auteure « chouchou » ?
Je lis de tout (hormis les romans d’horreur), écrits classiques et contemporains, et dans tous les formats. De la nouvelle à la saga, en passant par la bande dessinée et le roman graphique, tout peut m’intriguer, me séduire. J’avoue un faible pour les récits de voyages. Un livre de David Foenkinos ne m’ennuiera jamais. Et un polar ou une plongée dans la fantaisie pour me divertir sont mes refuges les jours pluvieux. En revanche, je ne lis pas (ou rarement) deux ouvrages de genre similaire à la suite, même si c’est une série. Aussi captivante que soit l’histoire, j’ai tendance à m’en lasser.
Je me suis longtemps crue hermétique à la poésie (et peut-être était-ce le cas). Et puis, tout récemment, presque par accident, Andrea Gibson a bouleversé cette vision. Elle est venue ouvrir une porte que je n’avais jamais remarquée. Nos goûts et nos besoins changent.
Tu vends des ebooks et des livres papier. As-tu une préférence pour tes lectures ?
Ce sont des supports complémentaires. Le papier, c’est esthétique, apaisant, ça peut sentir bon. En plus, ça rend les salons littéraires plutôt sexy. Imaginez un festival du livre sur des liseuses : ça me paraît moins attrayant. Cependant, on m’a offert une Kobo pour mon anniversaire. J’étais un peu réticente — encore un bidule électronique, un écran, un compte à créer, etc. Or, c’est un doux ami pour les articulations sensibles, notamment par son poids ridicule et son format. Idéal pour lire entortillé dans son duvet. Et puis, les ebooks ont des prix plus doux. Je me décris donc comme une lectrice hybride.
Est-ce que tu empruntes tes livres à la bibliothèque, à des amis, ou bien les achètes-tu ?
Les trois. L’essentiel est de lire. Le canal est important, mais secondaire. La lecture offre une porte sur l’imaginaire qui se trouve en chacun de nous. Il est primordial de le stimuler. Le quotidien, le malstrom du monde, tout cela peut être douloureux, épuisant. Il est vital d’avoir un refuge que l’on peut organiser, colorer, reformuler à sa guise.
À part les livres, qu’est-ce qui t’importe ?
Dans la vie rien n’a d’importance, hormis celles et ceux que nous aimons.